Ce livre [La Révolution bilingue] apporte une contribution des plus importantes en se concentrant sur un sujet souvent absent, celui du rôle primordial que jouent les parents de divers milieux ethnolinguistiques dans le façonnement de l’éducation de leurs enfants aux États-Unis. Les livres sur l’éducation bilingue sont souvent destinés aux professeurs, et très peu se sont intéressés à ce que les familles pouvaient faire pour s’assurer que les écoles publiques américaines développent des filières d’éducation bilingue pour leurs enfants. L’histoire la plus importante que raconte le livre de Fabrice Jaumont est ce désir des familles américaines de voir leurs enfants apprendre de façon bilingue, en anglais mais aussi dans une langue à laquelle ils se sentent particulièrement liés. Contrairement à ce que pense l’opinion publique, les familles américaines de diverses origines ethnolinguistiques sont prêtes à développer des programmes d’éducation bilingue pour leurs enfants.

Alors que le gouvernement et que les départements en charge de l’éducation dans chaque État ont toujours vu de façon négative l’usage d’autres langues que l’anglais pour l’éducation des jeunes Américains, les familles de la classe moyenne sont aujourd’hui engagées dans ce que Fabrice Jaumont appelle une révolution. Une révolution qui commence à la base, par les parents qui reconnaissent la valeur du bilinguisme puisqu’il fait partie de leur identité américaine. Et c’est précisément ce qui fait la qualité du livre de Fabrice Jaumont : il nous rappelle que l’éducation bilingue est une tradition américaine, bien qu’elle se soit enlisée dans les tensions, les controverses et les défis, comme je le montre plus tard.

Le livre de Fabrice Jaumont retrouve la promesse d’une tradition d’éducation bilingue et souligne que tous les Américains (aux diverses identités ethniques, classes sociales et pays d’origine) ont des pratiques linguistiques et culturelles variées. Dans ce livre, les parents américains dont l’héritage linguistique des enfants contient des traces d’arabe, de chinois, d’anglais, de français, de japonais, d’italien, d’allemand, de polonais, de russe et d’espagnol, comprennent l’importance de ces pratiques. Selon eux, une éducation bilingue n’est pas qu’une façon de renouer avec le passé, mais de reconnaître un présent américain  multilingue et de forger les possibilités d’un futur plus ouvert pour tous les enfants.

Ici, je retrace à la fois les traditions de l’éducation bilingue américaine et ses oppositions. En analysant également la façon dont l’éducation bilingue est réinterprétée lors de la deuxième moitié du XXème siècle, je décris comment le livre de Fabrice Jaumont propose une volte-face de l’éducation bilingue, un retour à ses origines. Plutôt que de commencer par les lois et mandats gouvernementaux et de se concentrer sur ce qui manque, Fabrice Jaumont propose que nous commencions par le souhait des communautés linguistiques, nouvelles et anciennes, d’éduquer leurs enfants dans un environnement bilingue. Les filières qu’illustre Fabrice Jaumont commencent avec les enfants et avec le désir des parents et des communautés de les éduquer. Mais ce n’est pas une tâche facile. La route est longue et sinueuse car elle nous oblige à changer la voie de l’anglais comme langue unique que suivent les écoles publiques américaines. L’aspect le plus important du livre de Fabrice Jaumont est donc la feuille de route qu’il donne aux familles ; une feuille de route qui permettra justement aux parents d’imaginer leur propre chemin, d’imaginer, comme le dit le poète espagnol Antonia Machado, un “camino al andar”.

 

Une tradition américaine d’éducation bilingue et d’opposition

Tout au long du XVIIIème siècle, les communautés germanophones de Pennsylvanie et de l’Ohio mirent en place des écoles où l’allemand était utilisé pour faire classe (Crawford, 2004 ; García, 2009). Ces écoles se développèrent au cours du XIXème siècle jusqu’à ressembler de plus en plus aux filières bilingues que nous connaissons aujourd’hui. Durant la seconde moitié du XIXème siècle, les enfants de Cincinnati partageaient leur semaine entre un professeur anglais et un professeur allemand. En 1837, un an avant l’ouverture de la première école publique exclusivement anglophone à Saint-Louis, une école publique allemande-anglaise fut introduite. À l’époque, dans les écoles publiques de la ville, un quart des élèves n’avaient aucun ancêtre allemand, ce qui rappelle les filières surnommées “à double sens” de notre ère, où les enfants de minorités ethnolinguistiques et les enfants majoritairement anglophones sont éduqués côte à côte pour développer le bilinguisme de chacun. Et pourtant, à la fin du XIXème siècle, Saint-Louis élimina sa politique d’éducation bilingue, politique qui restreignit l’enseignement de l’allemand aux lycées publics.

L’opposition à cette tradition d’éducation bilingue ne date pas d’aujourd’hui. Alors qu’elle commençait à se développer, ceux qu’on considérait comme les “non-blancs” (les Amérindiens et les esclaves venus d’Afrique) n’avaient aucun droit de parole et leurs pratiques linguistiques étaient réduites au silence alors qu’ils étaient privés d’éducation. Le Traité de Guadalupe Hidalgo (1848), qui mit fin à la guerre contre le Mexique, rendit l’espagnol visible dans les territoires américains de l’époque (qui comprennent aujourd’hui la Californie, l’Arizona, le Texas, le Nevada, le Nouveau Mexique, l’Utah et quelques parties du Colorado et du Wyoming). En 1874, dans ce qui deviendrait plus tard le Nouveau Mexique, seuls cinq pourcent des écoles étaient exclusivement anglophones. Quinze ans plus tard, en 1889, le pourcentage s’élevait à quarante-deux pourcent (Castellanos, 1983). Le développement de l’espagnol aux États-Unis devait être arrêté. Tout au long du XIXème siècle, les Américains qui n’étaient pas considérés comme blancs recevaient une éducation de très mauvaise qualité (s’ils pouvaient en recevoir une) dans des écoles exclusivement anglophones, ségréguées, instrument principal dans la disparition des langues autres que l’anglais aux États-Unis.

Cette opposition à l’éducation bilingue et à l’enseignement des langues de ceux qu’on appelait “les autres” fut bientôt étendue à tous les groupes ethnolinguistiques. Après la vente de la Louisiane en 1803, les écoles de la région proposèrent une éducation bilingue en français et en anglais. Mais dès 1921, la Constitution de l’État de Louisiane imposa à toutes les écoles d’enseigner uniquement en anglais (del Valle, 2003). Les diverses pratiques linguistiques des Suédois, des Ukrainiens, des Finnois, des Lithuaniens, des Polonais, des Slovaques, des Grecs, des Russes, des Italiens et des Juifs commencèrent à être mal vues alors que l’immigration devenait de plus en plus importante au début du XXème siècle. Le Président Theodore Roosevelt illustre bien l’esprit de l’époque dans son discours de 1915 : “Ce ne serait pas une malchance mais bien un crime de perpétuer les différences de langue de ce pays”, réclamant des immigrants qui n’avaient pas appris l’anglais après cinq ans qu’ils retournent dans leur pays (cité par Castellanos, 1983, p.40). Quand l’Allemagne devint l’ennemi des États-Unis durant la Première Guerre mondiale, l’allemand fut aussi déclaré langue suspicieuse. L’éducation bilingue fut abandonnée, et même l’apprentissage des langues dites “étrangères” fut restreint. En 1923, quand la Cour suprême imposa des lois interdisant les langues étrangères dans trois États, lors du jugement Meyer v Nebraska, trente-quatre États interdisaient déjà l’utilisation d’une autre langue que l’anglais pour l’instruction (Crawford, 2004; García, 2009).

Il aura fallu du temps pour que l’éducation publique fasse son retour  au service des communautés ethnolinguistiques. Une fois les interdictions levées, les groupes qui en avaient les moyens inaugurèrent de nouvelles écoles qui soutenaient leurs pratiques culturelles et linguistiques qui, en général, avaient lieu le week-end ou après les cours. Certaines communautés furent aussi capables d’ouvrir des écoles bilingues privées. Epstein (1977) raconte par exemple qu’en 1940, la communauté franco-américaine comptait 249 écoles bilingues mi-anglais, mi-français, à parts égales (Epstein, 1977, p. 37). Cependant, et malgré quelques efforts aboutis, les minorités linguistiques qui avaient été de surcroît racialisées dans un but de domination et de colonisation, tels que les Amérindiens, les Mexicain-Américains et autres Latinos, n’avaient pas les capacités économiques ni le pouvoir politique de mettre en place leurs propres écoles bilingues.

 

La tradition de l’éducation bilingue américaine réinterprétée

Tout au long de la période des Droits Civiques, la communauté latino a exigé la création de filières bilingues qui, en plus d’éduquer ses enfants, lui permettrait de “réaliser la promesse d’une citoyenneté égale” (Del Valle, 1998, p.194). Parmi eux, on retrouve des organisations latino politiquement radicales telles que les Brown Berets et les Young Lords qui voyaient l’éducation bilingue comme une manière de rétablir le contrôle de la communauté Latino et d’en améliorer son économie (Flores, 2016; Flores & García, à venir). Mais ce que la communauté a obtenu fut bien différent.

En 1965, au moment de la “War on Poverty”, la guerre contre la pauvreté du président Lyndon Johnson, le Congrès adopta la loi pour l’éducation primaire et secondaire, The Elementary and Secondary Education Act (ESEA), auquel s’ajouta en 1968 son Titre VII, The Bilingual Education Act (Loi sur l’éducation bilingue) lors de sa réadoption. Cette nouvelle loi garantissait des fonds aux districts scolaires qui mettraient en place des filières bilingues pour apprendre l’anglais aux enfants qui ne le parlaient pas ou qui avaient besoin d’une période de transition, à l’époque, cela concernait principalement des Mexicain-Américains, des Portoricains, des Amérindiens ou des Hawaiiens. L’éducation bilingue faisait son retour dans les écoles publiques sous une autre forme, limitée à ceux considérés par le gouvernement comme “Limited English Proficient” (à compétence limitée en anglais). Celle-ci ne répondait pas aux attentes des diverses communautés linguistiques, même celles que cette loi était censée servir. Finalement, ces filières subventionnées par le gouvernement fédéral furent redéfinies comme des “filières de transition” où la langue autre que l’anglais n’était utilisée que pour corriger les lacunes en anglais, et seulement de façon transitoire. Dès le début, des tensions entre communautés ethnolinguistiques se firent sentir, notamment celles qui insistaient pour que leurs enfants reçoivent une éducation bilingue alors qu’ils étaient déjà bilingues. Ces tensions plantèrent le décor d’un demi-siècle de confusion et d’attaques continues.

Le gouvernement fédéral s’attendait à ce que les fonds soient utilisés pour les filières de transition. Cependant, les districts scolaires composés principalement d’éducateurs et d’élèves latino et Amérindiens, ainsi que quelques districts servant d’autres communautés ethnolinguistiques, utilisaient ces fonds au service de familles dont les enfants étaient parfois complètement bilingues. Les nombreuses attaques que subirent ces filières bilingues tournées vers le maintien linguistique étaient vicieuses. En 1980, le Président Ronald Reagan, juste après son investiture, résume ce qui devint l’opinion général de la puissante majorité :

C’est une erreur grave et contraire aux concepts de l’Amérique, que d’avoir un programme d’éducation bilingue si ouvertement dédié à la préservation de leur langue native et incapable de leur donner un niveau d’anglais adéquat afin qu’ils puissent entrer sur le marché du travail et y contribuer (cité dans Garcia, 2009).

Petit à petit, même les États qui soutenaient jusqu’alors l’éducation bilingue finirent par céder à la pression. Trois États, la Californie, le Massachusetts et l’Arizona, déclarèrent l’illégalité de l’éducation bilingue au tournant du XXIème siècle, tandis que des filières bilingues fermaient déjà partout dans le pays (Menken & Solorza, 2014). Nombre d’entre elles furent remplacées par des programmes exclusivement en anglais, certains proposant des classes d’anglais langue seconde qu’on avait ajoutées au programme régulier, d’autres des filières d’immersion en anglais structurées et autonomes. La tradition américaine de l’éducation bilingue, réinterprétée par le gouvernement et les autorités éducatives succombait progressivement à l’éducation anglophone monolingue.

 

L’éducation bilingue réincarnée à travers le dual-language

Alors que l’éducation bilingue était en train de capituler, un mouvement cherchant à en sauver ses bribes selon une nouvelle formule voyait le jour. Désormais surnommée la “Two-Way Dual-Language Education” ou “Two Way Immersion” pour ne plus utiliser le mot “bilingue”, cette nouvelle proposition demandait que la moitié des élèves ne connaisse pas l’anglais et que l’autre moitié ne connaisse pas la langue étrangère d’instruction (Lindholm-Leary, 2011). Ce mouvement correspondait aux attentes de bilinguisme d’un univers mondialisé. Mais par leur constitution, ces modèles étaient eux aussi sujets à controverse, puisqu’ils attiraient de plus en plus d’anglophones blancs, négligeant les communautés linguistiques qui voulaient préserver leur langue. Le débat se concentrait également sur la question de la composition des classes faites de cinquante pourcent d’enfants d’une “catégorie” et cinquante pourcent d’une autre, alors qu’en réalité les communautés, en particulier les communautés ségréguées, ne sont pas composées d’un nombre égal de “catégories” d’élèves. Certaines communautés finirent par développer ce qu’on appelle aujourd’hui les filières bilingues à sens unique, à l’intention d’un seul groupe d’enfants non anglophones.

 

La volte-face de l’éducation bilingue

Je le répète, la contribution principale du livre de Fabrice Jaumont est la particularité de son approche de l’éducation bilingue qui redonne le pouvoir aux communautés linguistiques et à leur désir d’éducation bilingue pour leurs enfants. L’éducation fait volte-face, se dirigeant à nouveau vers la reconnaissance de la volonté des communautés.

Le secteur de l’éducation bilingue s’est concentré sur la construction des programmes et l’enseignement des professeurs. Mais la composante principale de l’éducation bilingue, ce sont les communautés et les parents, alors qu’ils ont toujours joué un rôle primordial dans l’éducation de leurs enfants, ils ont été mis de côté pendant toutes ces années. Ce livre apprend aux parents à devenir les leaders de l’éducation et à développer leurs propres filières. Des filières qui n’auront aucun a priori négatif sur les pratiques culturelles et linguistiques de leurs enfants et qui honoreront les connaissances des communautés. Le livre raconte l’histoire de parents qui ont rassemblé leur communauté et se sont battus pour faire prendre une nouvelle direction à l’éducation américaine. Les partenariats qu’ils ont établis ne sont pas qu’entre eux ou uniquement avec des organisations puissantes, ce sont aussi des partenariats qui rapprochent diverses communautés. Le pouvoir le plus puissant est en réalité celui des parents intéressés et dévoués à l’éducation bilingue de leurs enfants. Ce n’est pas la participation parentale traditionnelle habituellement évoquée par les livres sur l’éducation. Ici, nous parlons de la direction des parents, qui amènent de vrais changements au paysage éducatif. La dynamique des pouvoirs est inversée, et c’est désormais la communauté qui est aux manettes, qui entraîne le système éducatif dans sa volte-face.

Il est intéressant de remarquer que ce livre utilise la ville de New York comme toile de fond, la “pomme multilingue” où les pratiques linguistiques et culturelles ont toujours été variées. Il est aussi intéressant de remarquer que c’est un spécialiste américain d’origine française qui a su reconnaître, si ce n’est déclencher, la Révolution bilingue. Fabrice Jaumont a joué un rôle sans pareil auprès des parents, en leur faisant comprendre les avantages d’une éducation bilingue, en les aidant à s’organiser, alors qu’il était le seul à reconnaître leur immense pouvoir. La réussite de la tradition américaine d’éducation bilingue dépend de la volonté des parents. Mais la volonté seule ne suffit pas, et c’est pour cela que Fabrice Jaumont procure une feuille de route aux parents, pour les aider à monter et soutenir des filières bilingues réussies.

Comme le démontre ce livre, la révolution menée par les parents pour l’éducation bilingue n’est pas toujours la même dans chaque communauté. Contrairement aux cursus mandatés par les autorités scolaires locales qui sont tous issus d’un même moule, ce livre permet aux diverses communautés d’adapter leur filière en fonction de leurs besoins. Bien sûr, les communautés devront toujours se conformer à certaines régulations des districts scolaires, mais la façon de le mettre en œuvre varie d’une communauté à l’autre. En fait, une des choses les plus importantes à retenir du livre de Fabrice Jaumont est qu’en dépit de la grande diversité ethnolinguistique actuelle, il est possible de développer et de perpétuer des filières d’éducation bilingue pour toutes les communautés. Les efforts des communautés arabe, chinoise, américaine, française, japonaise, italienne, allemande, polonaise, russe et espagnole illustrés dans ce livre n’ont pas toujours été similaires. Leurs actions ont permis de servir leurs propres intérêts, mais aussi ceux des autres. Fabrice Jaumont met en avant la réussite des parents mais également leurs échecs, leurs difficultés, et leur résistance aux pressions politiques et sociales pour survivre.

Fabrice Jaumont nous fait participer à cette volte-face, redonnant aux familles et aux communautés les clés de l’éducation bilingue, tout en nous rappelant comment tout ceci a commencé, au XVIIIème comme au XXème siècle. Notre expérience nous apprend que la création d’une filière bilingue n’est pas facile. Mais c’est une bataille importante qui fera toujours partie de la philosophie américaine, et qui est reprise aujourd’hui par les communautés du pays tout entier. Ce livre est par-dessus tout un hommage au travail des parents et des communautés qui ont rendu possible l’éducation bilingue, malgré la résistance et les obstacles. En mettant en avant le rôle particulièrement important des femmes dans cette révolution, des mères et des enseignantes, nous sommes rappelés que le futur de l’éducation de nos enfants bilingues est entre de bonnes mains, des mains qui refusent de céder leur rôle aux bureaucraties scolaires.

Ofelia García

 


Références et travaux cités dans l’avant-propos
Éducation bilingue : la volte-face des parents et des communautés, par Ofelia García

Castellanos, D. L. (1983). The Best of two worlds: Bilingual-bicultural education in the U.S. Trenton, New Jersey: New Jersey State Dept. of Education.

Crawford, J. (2004). Educating English learners: Language diversity in the classroom, Fifth Edition (5th edition). Los Angeles, CA: Bilingual Education Services, Inc.

Crawford, J. (2004). Educating English learners. Language diversity in the classroom, 5th ed. (formerly Bilingual education: History, politics, theory and practice). Los Angeles, CA: Bilingual Educational Services.

Del Valle, S. (1998). Bilingual Education for Puerto Ricans in New York: From Hope to Compromise. Harvard Educational Review, 68(2), 193–217.

Del Valle, S. (2003). Language rights and the law in the United States. Clevedon, UK: Multilingual Matters.

Epstein, N. (1977). Language, Ethnicity and the Schools: Policy alternatives for bilingual-bicultural education. Washington, D.C.: Institute for Educational Leadership.

Flores, N. (2016). A tale of two visions: Hegemonic whiteness and bilingual education. Educational Policy, 30, 13–38.

Flores, N. & García, O. (forthcoming). A critical review of bilingual education in the United States: From Basements and pride to boutiques and profit. Annual Review of Applied Linguistics.

García, O. (2011). Bilingual education in the 21st century: A Global perspective. Malden, MA: John Wiley & Sons.

García, O., & Fishman, J.A. (Eds.).  (2001). The Multilingual Apple. Languages in New York (2nd ed.). Berlin, Germany: Mouton de Gruyter.

García, O., & Li Wei. (2014). Translanguaging: Language, bilingualism and education. London, United Kingdom: Palgrave Macmillan Pivot.

Lindholm-Leary, K. J. (2001). Dual language education. Clevedon, UK: Multilingual Matters.

Menken, K., & Solorza, C. (2014). No Child Left Bilingual Accountability and the Elimination of Bilingual Education Programs in New York Schools. Educational Policy, 28(1), 96–125.

Otheguy, R., García, O., & Reid, W. (2015). Clarifying translanguaging and deconstructing named languages: A perspective from linguistics. Applied Linguistics Review, 6(3), 281–307. http://doi.org/10.1515/applirev-2015-0014

Valdés, G. (1997). Dual-language immersion programs: A cautionary note concerning the education of language-minority students. Harvard Educational Review, 67, 391-429.

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